Exposition "Vous passez, nous on reste"



Exposition à la galerie + hors les murs

Selectionnée sur appel à projet national, en immersion dans la quartier de la Bourgogne pendant deux mois (février-mars 2007), Elise Leclercq a rencontré les habitants autour des représentations qu’ils se font de leurs espaces de vie et de leur envie d’intervention physique et imaginaire dans ces espaces. Entre fiction et documentaire, un autre regard sur le territoire, loin des faits divers et flashs journalistiques, animé par la motivation de toucher les invisibles hors des relais habituels (associations, institutions). Note d’intentions / "Le quartier de la Bourgogne en pleine région Nord. Il m’a fallu chercher pour trouver l’origine de ce nom. Des habitants se sont-ils déjà posés la question ? Et ces panneaux aux façades des immeubles affichant des noms d’écrivains, de peintres français passés à la postérité comme autant de repères inévitables... Que suggèrent-ils aux gens qui vivent là au quotidien ? Cette résidence s’est articulée sur la base d’un double mouvement : extérieur - intérieur. Tenter notamment de resituer l’espace périphérique au centre des regards, des discours. Tenter d’inscrire les projections intérieures dans l’espace public en échangeant mon rôle d’artiste avec les habitants. Tenter, arpenter, construire au hasard de ce qui surgit, des rencontres. Se laisser submerger aussi parfois en laissant venir, en étant à l’écoute du moindre signe, du moindre évènement. Lors de ces rencontres, j’ai proposé notamment un protocole d’auto mise en scène filmée aux personnes : prétexte à dire, à lire autrement la multiplicité de ces espaces et de leurs interrelations. Un acte symbolique aussi, dont les modalités performatives étaient laissées au choix des intervenants. Il en résulte un nombre important de témoignages et d’interventions filmées. Comment, à partir de cette accumulation de sources, contourner le piège d’une vision apparemment homogène d’un espace et de ses habitants, là où l’hypothèse d’un territoire commun semble préexister au projet de résidence artistique ? Ou, plus insidieux encore, que ce projet artistique instigue ou prenne part à la construction fictive d’une communauté ? Ce quartier, comme n’importe quel autre, est composé d’une infinité de territoires physiques et imaginaires, d’espaces contradictoires, fragmentés, dont il est fort heureusement impossible de faire le tour. Comment restituer la diversité des rencontres et des expériences vécues à travers une exposition présentée dans ce même quartier, sans souscrire à l’effet conclusif d’une représentation ? Donner à voir les chemins qui ont été parcourus, sans simuler un aboutissement implicite dans la forme exposition. Partager un processus de recherche qui trouve sa dynamique dans son inachèvement...à suivre." Elise Leclercq.

2008